Pierre qui roule…Bulletin n°2

14 Avril 2016, par Jacques

Bibliothèque Nationale de France : ISSN 2551-3923

Pour vous aider à nous comprendre, nous vous faisons passer par la cuisine avant de vous mettre à table. Comment et pourquoi sont nés ces voyages, pourquoi ont-t-ils évolué, et pourquoi nous y prenons tant de plaisir.
Jacques Sanchez, rédacteur en chef


Pourquoi la Sibérie ?
Vous savez peut-être que j’ai longtemps enseigné le russe à l’INSA de Lyon. Quand j’ai décidé d’arrêter l’enseignement pour faire des conférences, j’ai logiquement voulu parler de ce que je connaissais le mieux, la Russie. Certains auditeurs m’ont demandé de les emmener en Russie, à Saint-Pétersbourg particulièrement. J’ai trouvé l’idée intéressante et j’y ai donc organisé mes premiers voyages, d’autant que j’y avais par le passé travaillé comme accompagnateur pour une agence de voyages culturels. Saint-Pétersbourg eut un grand succès pendant des années. Mais c’est une ville qui nous ressemble, nous autres Européens. J’ai alors pensé à montrer une autre Russie, pas celle de la 

ville tracée au cordeau comme dans le roman d’André Biély (Pétersbourg), non, celle qui se trouve derrière l’Oural, la Russie asiatique, en un mot la Sibérie. 
C’est la Russie des grands espaces, la Russie de la nature, la Russie des solitudes, mais aussi bien sûr, la Russie d’un certain art de vivre, d’une nécessité de savoir vivre ensemble. Car la Sibérie c’est le froid (c’est en tout cas ce que l’on imagine en France, mais l’été y est très beau et chaud), ce sont des distances inimaginables pour les Européens que nous sommes, une nature pas forcément hostile, mais exigeante, des fleuves larges comme nous n’en connaissons pas. Pour survivre il faut un peu de fraternité. Les familles d’anciens bagnards y côtoient celles de leurs geôliers, les Bouriates fréquentent les Russes, les Polonais… Les vieux Croyants y perpétuent leur mode de vie, hérité d’un XVIIème siècle sur lequel n’avait pas encore soufflé le génie organisateur de Pierre le Grand. Bref tous ceux qui se sont retrouvés là un jour parce qu’on les y avait envoyés ou parce qu’ils fuyaient, d’eux-mêmes, une Russie européenne trop rigide, se sont accommodés à la difficulté.
La Sibérie est un endroit magique avec des lieux d’une beauté stupéfiante, comme ce lac Baïkal que les Bouriates appellent la mer et qui est la perle bleue de la Sibérie, enchâssée dans des montagnes hérissées, une étendue d’eau pure qui recèle aujourd’hui encore des richesses de faune et de flore : des animaux qui n’ont leur équivalent nulle part, un poisson endémique, l’omoul, que l’on mange à toutes les sauces et même sans sauce, en pique-nique. La nature y est belle, les gens attachants. Des ombres nombreuses l’habitent : Michel Strogoff, Dostoïevski, les Décembristes, le fantôme du Tsar Alexandre Ier et combien d’écrivains du siècle du GOULag. Les religions y coexistent sans se combattre.

Pour moi, il y a deux façons de découvrir ces contrées plus ou moins secrètes :
On peut prendre l’avion pour Irkoutsk et faire un circuit qui mène au lac Baïkal en passant par le monastère bouddhiste tibétain d’Ivolguin et un village de ces vieux Croyants qui se signent encore comme au XVIIème siècle. Découvrir l’île d’Olkhon, diamant du lac, et ses paysages à couper le souffle, rencontrer un chamane bien vivant qui nous relie à l’aube des temps, mais qui soigne encore aujourd’hui les maux de l’âme et du corps. Visiter Irkoutsk pour y évoquer les Décembristes, ces aristocrates exilés en 1825 par Nicolas Ier, qui surent, après des années de bagne, créer une vie sociale brillante dans ce qui était alors une sorte de bout du monde. 

Mais on peut aussi opter pour un autre voyage et monter dans le Transsibérien, pour avaler des kilomètres, au son du tac-tac d’avant le TGV, rencontrer les gens qui vivent dans ce train, les employés des chemins de fer et les marchands qui y sont comme chez eux, bavarder avec ses voyageurs, russes pour la plupart, montés pour un trajet de cent ou cinq mille kilomètres. La notion de voyage est ici différente : le trajet est tout aussi important que le but. Le Transsibérien offre une parenthèse. On y voit des villes, on s’y arrête pour un jour ou deux, mais on s’arrête aussi sur soi, on apprivoise ses compagnons de voyage, on lit ou relit, on parcourt le train, on visite des gares, on scrute la campagne à la recherche de ces courriers du tsar qui crevaient sous eux leurs chevaux ou des bagnards qui se rendaient à pied vers leur destin.
Pour tout dire, la Russie d’aujourd’hui me déçoit beaucoup, mais derrière l’Oural elle garde à mes yeux ses valeurs et son charme. 
Voilà pourquoi, j'emmène des voyageurs dans le Transsibérien.

Autres chapitres du Bulletin :

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N°3 : Ukraine                   N°5 : Pérou            N°7 : Géorgie

N°8 : Chine                      N°9 : Espagne

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