JACQUES SANCHEZ

Ecrivain

Jacques Sanchez fut tout d'abord traducteur-interprète de russe et d'allemand, puis enseigna longtemps le russe dans le supérieur à Lyon et pendant quelques années le chinois. Passionné de voyages et de cultures différentes de la nôtre, il aime échanger avec des gens ordinaires ou extraordinaires qui vivent une autre réalité que celle du consumérisme de notre vingt-et-unième siècle commerçant.

NI DIEU NI MAITRE

Editions Vérone - 2020

"C'est alors que les soutes du navire s'ouvrirent et il sortirent. Des centaines de gens sortirent, ou plutôt se ruèrent à l'air libre et à la caresse du soleil matinal. Ils étaient 500, 600, 800, comment savoir ? C'était le passagers de troisième classe, les mêmes qu'on avait aperçus avant le départ, mais qu'on n'avait pas revus depuis. tant et si bien qu'on les avait presqu'oubliés. Les mêmes? Pourtant ils semblaient plus fatigués, presque vieux, en tout cas ils étaient plus faibles, plus sales, plus froissés, pus mal habillés, sentaient plus fort, moins individualisés, c'était une masse trop longtemps comprimée qui se répandait. Ils s'extirpaient, s'écoulaient, de l'entrepont où ils avaient survécu pendant tout le voyage, couchés sur des paillasses, sans lumière du jour, dans une hygiène déplorable te une promiscuité effrayante, nourris de quelques bouillons où flottaient des pommes de terre. [...] Le Minneapolis, comme à chacun de ses voyages, vomit avec soulagement sur le quai de l'île Ellis ce lest qui encombrait ses viscères et repartit, les entrailles plus légères, pour déposer un peu plus loin sa noble cargaison de voyageurs, dont les moyens financiers ne laissaient aucun doute sur leur capacité à vire dans ce nouveau monde aux règles qui différaient si peu de celles de l'ancien."

LE CHAMANE ET LA SAINTE

Editions Encre Rouge - 2021

"Au dix-huitième siècle chez les Bouriates, près du lac Baïkal, la vie s'organise selon les préceptes chamaniques. 'homme est un élément de la nature qu'il s'efforce de préverser, il vit en harmonie avec elle, prélevant le strict nécessaire pour survivre. On ne parle pas d'écologie, on la vit. La Russie, en expansion vers l'est, pousse peu à peu son avantage et grignote la Sibérie en semant partout sur son passage des forteresses, puis des villes qui grossissent au fur et à mesure de l'arrivé des colons, chasseurs, trappeurs, avides de fourrure, l'or doux. La Sibérie est grande, la confrontation armée est souvent évitable, mais la coexistence est toujours émaillée d'incompréhension et de tensions, c'est ce qui se passe ici."